- L’origine du roman part d’un entretien en mairie, ensuite transformé par la fiction.
- Sun City permet de déplacer la satire dans un univers imaginaire.
- Pouvoir local, corruption et absurdité administrative deviennent des ressorts d’humour noir.
- Le récit de création conduit naturellement vers les personnages puis vers Cannibal Western.
Le Journal d’Artagan · Coulisses de création
À vingt ans, Artagan a imaginé et presque entièrement écrit à la main le premier texte de Cannibal Western, juste après un entretien d’embauche dans une mairie. Interrompu par des difficultés familiales, le projet a été achevé bien plus tard, lorsque la technologie lui a enfin permis de donner vie à ses personnages.
Comment Cannibal Western est-il né ?
Cannibal Western est né à un moment très précis de ma vie. J’avais vingt ans et je sortais d’un entretien d’embauche dans une mairie, où j’étais venu demander du travail. À la sortie de cet entretien, quelque chose s’est déclenché. Les idées, les situations et le ton du récit se sont imposés presque immédiatement.
Je me suis mis à écrire à la main. Le texte est venu avec une telle force que j’en ai rédigé presque toute la première version à ce moment-là. Je ne disposais pas d’un projet éditorial, d’une stratégie ou d’un plan de communication. Il y avait simplement une histoire qui demandait à être écrite.
Pourquoi le livre est-il resté inachevé si longtemps ?
Je n’ai pourtant pas pu terminer ce texte à l’époque. En raison de difficultés familiales, je n’avais plus d’endroit où écrire. Lorsqu’on perd son espace, sa stabilité et les conditions les plus élémentaires de création, même une histoire déjà très présente peut être contrainte au silence.
Le manuscrit n’avait pas disparu. Il était resté en suspens, comme si ses personnages attendaient que je puisse revenir vers eux. Je l’ai finalement repris et terminé bien plus tard, avec le même regard sur le pouvoir, les ambitions et les mécanismes absurdes que j’avais observés à vingt ans.
Le temps avait interrompu l’écriture, mais il n’avait pas rendu le sujet ancien. Il l’avait rendu encore plus actuel.
Comment la technologie a-t-elle donné vie aux personnages ?
Lorsque j’ai achevé Cannibal Western, les technologies disponibles avaient profondément changé. Elles m’ont permis d’aller au-delà du manuscrit et de créer visuellement les personnages que je portais depuis des années : Billy S’étouvu, Gravité, le maire de Sun City et les autres figures de cet univers.
Le texte pouvait désormais rencontrer l’image, la voix, la musique et la vidéo. Les personnages n’étaient plus seulement décrits : ils pouvaient apparaître, prendre une attitude, occuper un décor et prolonger la satire sous une forme nouvelle. La technologie n’a pas inventé l’histoire ; elle m’a donné les moyens de rendre visible un monde imaginé longtemps auparavant.
Pourquoi Cannibal Western demeure-t-il actuel ?
Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est que le sujet de Cannibal Western est plus actuel que jamais. La corruption, les recrutements douteux, les audits arrangés, les marchés manipulés et l’absurdité administrative appartenaient déjà au cœur du texte initial. Les années n’ont pas affaibli ces thèmes.
Le livre utilise l’humour noir et le décalage du western pour parler de mécanismes très contemporains. Derrière Sun City, ses personnages excessifs et ses dialogues, il est question de pouvoir, de cynisme et de la facilité avec laquelle l’anormal peut devenir une habitude.
Pour approfondir cet angle, découvrez aussi comment la satire et l’humour noir dénoncent la corruption dans Cannibal Western.
Quelles influences ont nourri cet univers ?
Depuis mon enfance, je suis profondément inspiré par René Goscinny, dont les dialogues sont incroyables, et par Morris, dont les dessins possèdent un sens de l’absurde extraordinaire. Leur capacité à faire surgir l’humour d’une réplique, d’une silhouette ou d’une situation a durablement nourri mon imaginaire.
Cannibal Western s’inscrit dans cette passion pour le dialogue, le rythme et le gag visuel, tout en développant un univers personnel consacré aux contradictions de notre époque.
Entrer dans l’univers de Cannibal Western
Retrouvez le livre, ses personnages et leurs vidéos, puis poursuivez votre découverte de Sun City.
Questions fréquentes
À quel âge Artagan a-t-il commencé Cannibal Western ?
Artagan avait environ vingt ans lorsqu’il a écrit à la main presque tout le premier texte de Cannibal Western.
Où l’idée du livre est-elle née ?
L’idée est née à la sortie d’un entretien d’embauche dans une mairie, où Artagan était venu demander du travail.
Pourquoi le manuscrit a-t-il été terminé beaucoup plus tard ?
Des difficultés familiales avaient privé Artagan d’un endroit où écrire. Il a pu reprendre et achever le projet bien plus tard.
Quel rôle la technologie a-t-elle joué ?
Les outils technologiques ont permis à Artagan de matérialiser les personnages par l’image, la voix et la vidéo, tout en conservant l’histoire imaginée à vingt ans.
Témoignage écrit à la première personne par Artagan · Article du Journal d’Artagan

